Jeanne Pariset

Soeur Marie Julienne

1872 - 1959

Jeanne Pariset, Religieuse

Elle fut la mère supérieure du Lycée Sainte Marie de Nevers à Toulouse de 1930 à 1954. 

Elle a protégé des enfants et des familles juives, dont la famille Grossmann, pendant l’Occupation.

Son courage face aux risques a été reconnu par Yad Vashem :

Elle a été nommée Juste parmi les Nations le 14 Juin 2011.

Qui était Jeanne Pariset ?

Jeanne PARISET, née le 09 septembre 1872 et décédée le 08 octobre 1959. 

           Elle évolue dans un cadre où se mêlent engagement religieux, responsabilités sociales et bouleversements historiques. Membre des Sœurs de la Charité de Nevers, elle exerce à Toulouse comme supérieure locale, rôle qui lui confère l’autorité de gérer un couvent dédié à l’accueil, l’éducation et l’assistance aux personnes vulnérables.

Son action se déroule principalement durant la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte marqué par l’Occupation allemande, les lois antisémites du régime de Vichy et les rafles. Toulouse et sa région sont alors à la fois un lieu d’accueil pour de nombreux réfugiés juifs et un espace fortement surveillé par les autorités allemandes et françaises. Les institutions religieuses, dont les couvents, deviennent souvent des refuges clandestins.

Dans ce climat de danger, Jeanne Pariset agit selon une éthique de charité et de protection des plus faibles. Elle accueille et dissimule notamment des enfants et des familles juives (1942-1943), dont la famille Grossmann, sans discrimination ni pression religieuse.

Ce courage, exercé malgré les risques de dénonciation et de déportation, s’inscrit dans un ensemble de gestes individuels portés par des religieuses et religieux qui refusent les persécutions.

Ses actes héroïques, lui vaudront la reconnaissance de Juste parmi les Nations le 14 Juin 2011.

reconnue Juste parmi les nations

Elle a été officiellement reconnue Juste parmi les Nations le 14 Juin 2011 par l’institut Yad Vashem selon la procédure de reconnaissance des Justes pour son aide dans l’hébergement et la protection des Juifs menacés pendant l’Occupation en France.

Yad Vashem

Comprendre le titre de “Juste parmi les Nations”

L’institut international pour la mémoire de la Shoah, Yad Vashem, reconnaît les héros ayant protégé les Juifs face aux persécutions nazies.

Création (1953)

Yad Vashem est crée pour honorer les martyrs et les héros de la Shoah.

Attribution (1963)

Commission officielle présidée par un juge de la Cour Suprême de l'Etat d'Israël.

Impact mondial

29 000 Justes parmi les Nations reconnus, dont 4 400 Français, 4 400 distinctions en France.

Qu’est-ce qu’un juste parmi les nations ? Qui les nomme ? pourquoi ?

Le 19 août 1953, la loi créant à Jérusalem Yad Vashem, Institut commémoratif des Héros et des martyrs de la Shoah, est votée par le Parlement israélien – La Knesset -. Il donne pour missions à Yad Vashem de retrouver les noms de 6 Millions de Juifs assassinés, d’honorer leur mémoire, de documenter et de transmettre l’histoire de la Shoah.

Il lui incombe aussi d’honorer la mémoire des non-juifs qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs.

Le 1er février 1963 est créé le titre de Juste parmi les Nations qui est la plus haute distinction civile de l’Etat d’Israël. Au 1er janvier 2025, 29000 Justes parmi les Nations ont été recensés dans le monde dont plus de 4400 qui ont œuvré en France.

Ce titre est décerné à des personnes non juives qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie et de celle de leurs proches pendant la Seconde Guerre mondiale sans aucune contrepartie.

Depuis 1963, une commission présidée par un juge de la Cour Suprême de l’État d’Israël est chargée d’attribuer le titre de « Juste parmi les Nations ». 

Critères pour être nommé juste parmi les nations

Le titre de « Juste parmi les Nations  » peut être décerné lorsque les informations disponibles, basées sur le témoignage d’un survivant ou sur des documents divers, démontrent clairement qu’une personne non-juive a risqué sa vie, sa liberté et sa sécurité pour sauver un ou plusieurs Juifs de la mort ou de la déportation, et ce sans demander aucune compensation de quelque nature que ce soit en contrepartie. Ces conditions s’appliquent également aux personnes décédées.

Les témoignages (incluant toutes les données personnelles disponibles à propos des sauveteurs et des survivants, un récit détaillé de la tentative de sauvetage (comment le contact avec le sauveteur a-t-il été établi ; quelle forme le sauvetage a-t-il pris ; où et quand a-t-il eu lieu ; comment le danger que couraient les sauveteurs s’est-il manifesté…) signés et authentifiés du survivant et d’éventuels autres témoins attestant la tentative de sauvetage. 

Les témoignages peuvent être rédigés en hébreu ou dans toute autre langue européenne.

Tout document pouvant établir l’authenticité de la tentative de sauvetage et le sort des survivants : documents officiels de l’époque de la Shoah, lettres ou journaux intimes, correspondance d’après-guerre entre les survivants et leurs familles, leurs sauveteurs et leurs familles, mémoires ou témoignages écrits par les survivants après la guerre, témoignages d’autres personnes susceptibles d’avoir eu connaissance de la tentative de sauvetage (voisins, autres survivants, etc.). 

Les témoignages et l’ensemble des documents joints seront conservés aux Archives de Yad Vashem à des fins de recherche, d’éducation et de commémoration. Yad Vashem s’engage à poursuivre ses activités dans le cadre du programme des Justes parmi les Nations tant que des requêtes de reconnaissance, étayées par des preuves solides répondant aux critères de l’Institut, continueront à lui être soumises.
Vous pouvez en savoir plus ici : https://www.yadvashem.org/fr/justes/comment-soumettre-une-demande.html

L’intervention

Récit en vidéo

Témoignage d’une femme juive revenue dans son école où elle a été recueilli et protégée durant l’Occupation (1942/1943).

Contexte et objectif

Madame Grossmann, 87 ans, retourne en 2015 dans l’école qui a caché sa famille des lois antisémites.

Transmission familiale, reconnaissances et devoir de mémoire sont les moteurs de sa visite.

Récit de la persécution et du sauvetage

La famille fuit en zone libre grâce aux voisins et passeurs. Les religieuses cachent 5 personnes au péril de la déportation.

Environnement bienveillant sans discrimination.

Vie d’après-guerre et valeurs

Retour à Metz, appartement vidé, reconstruction par le travail. Modestie, honnêteté, gratitude guident l’éducation de la nouvelle génération.

Message à la jeunesse

« Apprenez, apprenez, apprenez. » L’éducation est l’armure pour la vie.

Portée morale

Témoignage essentiel sur la résilience, la bonté et la reconnaissance face à l’adversité historique.

Les Sœurs de la Charité de Nevers reconnues « Justes parmi les Nations »

     Les Sœurs de la Charité de Nevers sont une congrégation religieuse catholique engagée dans l’éducation et l’aide aux personnes en difficulté. Pendant la Seconde Guerre mondiale, certaines religieuses ont risqué leur vie pour sauver des personnes juives persécutées par les nazis. Pour leur courage et leur solidarité, plusieurs d’entre elles ont été reconnues Justes parmi les Nations, une distinction décernée par Yad Vashem.

     En 1942, à Ébreuil dans l’Allier, Sœur Jeanne Rodien et Sœur Marie Castillon dirigeaient un orphelinat. Elles ont accueilli et caché des enfants juifs pour les protéger de la déportation. Grâce à leur aide, ces enfants ont pu survivre à la guerre. Leur courage a été reconnu bien plus tard, en 2001, lorsque le titre de Justes parmi les Nations leur a été attribué.

     En 1943, à Bordeaux, Sœur Dominique Pinet a également sauvé une famille juive lors de la grande rafle de Bordeaux. Elle a caché une mère et ses deux enfants dans l’établissement où elle travaillait. Les enfants ont pu survivre grâce à cette aide, malgré les grands risques encourus.

     D’autres actions similaires ont eu lieu dans des établissements liés à la congrégation, notamment à Lourdes et à Toulouse, où des enfants juifs ont été accueillis et protégés sous de fausses identités. Les religieuses ont agi avec discrétion et courage, conscientes du danger mais guidées par leur volonté d’aider les personnes menacées.

     Ainsi, les Sœurs de la Charité de Nevers ont joué un rôle important dans la protection de nombreuses personnes pendant la guerre. Leur engagement montre qu’au cœur d’une période marquée par la violence et les persécutions, certaines personnes ont choisi de défendre la solidarité, la dignité humaine et la vie.

Monseigneur Saliège

Monseigneur Saliège

Présentation:

Jules-Géraud Saliège (1870-1956) est un prélat catholique français. Il devient évêque de Gap en 1925, puis archevêque de Toulouse en 1928, et finalement cardinal.

Parcours avant-guerre:

– Ordonné prêtre en 1895

– Enseignant puis supérieur de séminaire

– Aumônier militaire durant la Première Guerre mondiale

– Nommé évêque puis archevêque malgré de graves problèmes de santé

– Auteur des chroniques « Menus propos », connues pour leur liberté de ton

Position face au nazisme et à Vichy:

 – Condamne l’antisémitisme dès 1933.

– Défend la position de l’Église contre le racisme (notamment après 1937)

– Reçoit Pétain en 1940 mais s’inquiète rapidement des dérives du régime

Action pendant l’Occupation:

– Soutient les réfugiés et les internés des camps du Sud-Ouest

– En 1942, condamne publiquement les déportations de Juifs

– Aide des réseaux d’entraide et s’oppose aux persécutions antisémites

– Mgr Saliège a condamné publiquement l’antisémitisme dès 1933, bien avant que la persécution ne s’intensifie. Il a apporté un soutien concret aux détenus des camps de Noé et Récébédou dès 1941 en les aidant matériellement.
Le 23 août 1942, il a fait lire dans toutes les paroisses de son diocèse sa célèbre lettre pastorale « Et clamor Jerusalem ascendit », dénonçant les déportations et affirmant la dignité humaine de tous les Juifs. Il a encouragé et organisé des filières de sauvetage, faux baptêmes, refuges, passages clandestins, pour protéger des Juifs menacés. Malgré une arrestation par la Gestapo en 1944, il a survécu et a été honoré après-guerre comme un moraliste de la Résistance et compagnon de la Libération.

Reconnaissance:

– Fait compagnon de la Libération par le général de Gaulle

– Reconnu Juste parmi les nations en 1969 pour son action en faveur des Juifs

Les justes

Les justes en haute-garonne

Justes parmi les Nations - Haute-Garonne
Titre Prénom Nom Lieu du sauvetage
1MonseigneurJules-GéraudSaliègeToulouse
2MonsieurAndréFréchenguesBordes-de-Rivière
3MadameAnneFréchenguesBordes-de-Rivière
4MonsieurEmileFréchenguesBordes-de-Rivière
5MademoiselleGilberteFréchenguesBordes-de-Rivière
6MonsieurAlfredFréchenguesToulouse
7MadameMarcelleFréchenguesToulouse
8MonsieurAndréThouroudeToulouse
9AbbéJohnDe SteggeToulouse
10MonsieurJeanFenayrolToulouse
11MadameMarieFenayrolToulouse
12MadameMarie (fille)FenayrolToulouse
13MonseigneurLouisDe CourrègesToulouse
14MonsieurMauriceDuboisChâteau de La Hille en Ariège
15MonsieurJean-FrançoisMartyToulouse
16MonsieurRaymondViadieuToulouse
17MonsieurRenéDe NauroisToulouse
18MadameAliceSchneiderToulouse
19MonsieurGeorgesGuichardBarbazan
20MadameMarieGuichardBarbazan
21MadameMarieRamelLodes
22MonsieurLouisRamelLodes
23MadameJeanneReyLieoux
24MonsieurMathieuReyLieoux
25MademoiselleVictoriaReyLieoux
26MadameJeannetteAugendreMontréjeau
27MonsieurMarienAugendreMontréjeau
28MadameJulietteDoumengToulouse
29MadameAndréaDuforMontréjeau
30MonsieurJean-BertrandDuforMontréjeau
31MonsieurJeanPhillipeToulouse
32MadameDeniseRoyMontréjeau
33MonsieurPierreRoyMontréjeau
34PèreJoseph-AugusteArribatVillemur-sur-Tarn
35MonsieurFrançoisBaccalerieToulouse
36MadameJeanneBaccalerieToulouse
37MadameMariaCouillensToulouse
38MonsieurMauriceRoulleauNailloux
39MademoiselleYvetteRoulleauNailloux
40MonsieurElieArmengaudToulouse
41MadameMarcelleFraysseVillemur-sur-Tarn
42MadameNoémieMartyVillematier
43MonsieurAdrienMontetVillematier
44MadameLouisaRamondouVillematier
45MadameMarieDiuMiremont
46MadameFrançoiseMazasToulouse
47MonsieurRaymondMazasToulouse
48MadameMarinaPalusToulouse
49MadameHenrietteVaurToulouse
50MadameHonorineAbribatToulouse
51MonsieurPierreBouéBruguières
52MadameCatherineLaborderieBruguières
53MonsieurBertrandPagnonLagardelle-sur-Lèze
54MadameMariePagnonLagardelle-sur-Lèze
55MonsieurGabrielFéraudCouvent de Vaylats
56MadameMariaFéraudCouvent de Vaylats
57MadameJeanneMarceillacToulouse
58MonsieurJeanOlivierSaint-Julia
59MonsieurJean-BernardBonnetCintegabelle
60MadameMarieBonnetCintegabelle
61MonsieurJeanDesplanMelles
62MadameMarieDesplanMelles
63MonsieurJean-MarieOrdyGouzens
64MadameClémence-BertheOrdyGouzens
65MonsieurPierreThomasToulouse
66MonsieurRogerMassocEstadens
67MadameMarie-LouiseMassocEstadens
68MadameJeanneParisetToulouse
69MonsieurCharlesSuranBoulogne-sur-Gesse
70MonsieurJeanBoyerToulouse
71MadameLouiseBoyerToulouse
72MonsieurDiegoDiazToulouse
73MadameMarie-LouiseAubrespinSaint-Paul-sur-Save
74MonsieurRogerBlaquièresLaunac
75MadameMargueriteBlaquièresLaunac
76MonsieurLucienThulauCaubiac
77MadameMarie-AngèleThulauCaubiac
78MadameGabrielleSourgensLévignac
79MadameBlancheRobènePechbonnieu
80MonsieurLucienRobènePechbonnieu
81MonsieurRogerFontaneauToulouse
82MadameRaymondeFontaneauToulouse
83MadameJoséphineRios-CohenBagnères-de-Luchon

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